Comment protéger les monuments historiques ? Sécurité et éducation

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3/6/2024
Sécurité

L’histoire de notre beau pays est visible partout de la ville à la campagne, et pratiquement à chaque coin de rue des centres-villes. Le privilège de vivre dans une culture riche de son histoire a aussi un coût, les obligations d’entretien et de préservation peuvent s’avérer lourdes pour une municipalité. Nous recensons ici quelques solutions utiles pour soutenir les efforts en matière de sauvegarde du patrimoine.

Pourquoi classer un monument historique ?

Tout propriétaire peut faire une demande aux Monuments Historiques, qu’il s’agisse d’une propriété privée ou publique. L’inscription est le premier niveau et la classification le niveau le plus élevé. Cet enregistrement sert à protéger le bien. Il faut noter qu’un Monument Historique classé peut être une grotte, une commode, un fauteuil ou une locomotive. Les monuments historiques ne sont pas que des constructions et de belles architectures. C’est la valeur culturelle remarquable qui fait l’objet du classement.

Le patrimoine historique, un engagement

Le classement au titre des Monuments Historiques contribue à protéger un patrimoine pour sa valeur culturelle et à le préserver pour les générations futures. Dans le cas d’un classement par une collectivité locale, cette mention permet :

  • Une communication du Ministère de la Culture ;
  • Une signalétique avec le précieux logo utilisable dans les guides et sur les routes ;
  • La prise en compte du monument dans les plans locaux d’urbanisme (PLU) ;
  • Des subventions, des crédits d’impôt en ce qui concerne le domaine financier.

Il y a donc une fierté, un prestige, du plaisir et quelques avantages à posséder des immeubles, hôtels particuliers, églises et cathédrales classés dans un centre-ville historique. Mais, classer un bien remarquable demande de la responsabilité et engage également un nombre important de contraintes, au premier titre desquelles les abords et le périmètre.

Panneau monument historique
Source wikimedia

Abords et périmètre d’un monument historique

La définition du périmètre délimité des abords se fait entre les parties prenantes (habitants, élus, commerçants) et l’architecte local des Bâtiments de France pour la protection et la mise en valeur du monument. Après enquête, la décision revient à l’autorité compétente en matière de plan local d’urbanisme. Le Préfet entérine la décision.

Généralement, la protection des abords définit des normes pour l’ensemble des façades, des toits, de la voirie, et ceci tant pour l’architecture et le style que pour le choix des matériaux et des couleurs.

PLU et sites historiques

Le plan local d’urbanisation fait l’objet de dispositions particulières lorsqu’il inclut un patrimoine. Si chaque processus est unique puisqu’il implique les contraintes propres de l’environnement du monument et les choix communs des parties prenantes, quelques grandes lignes communes se dégagent dans l’élaboration d’un projet de PLU incluant des monuments historiques en centre-ville.

Conservation et restauration des monuments historiques.

Le premier poste financier contient les projets de conservation et de restauration réguliers pour maintenir les structures historiques en bon état et préserver leur caractère d’origine qui est établi à partir de l’état du monument et des documents qui le représente à son édification (plan, gravures, tableaux d’époque). L’objectif est de préserver leur authenticité tout en assurant leur durabilité. Cela passe notamment par la conservation préventive qui consiste en un ensemble de mesures propres à éviter des dommages.

Carcassonne
Carcassonne — pxhere

Surveillance et sécurité du patrimoine historique des centres-villes

La vidéosurveillance est maintenant déployée presque partout autour des monuments patrimoniaux ce qui évite en grande partie le vandalisme et le pillage. Mais ce ne sont malheureusement pas les seules menaces qui pèsent sur les vieilles pierres. La pollution atmosphérique est de longue date mise en cause dans la corrosion des vieilles façades, des sculptures et bien entendu des végétaux.

Borne de sécurité périmétrique et protection des monuments

Bornes de protection d'un édifice
Bornes de protection d'un édifice - Source Citinnov

Des bornes de sécurité périmétrique sont mises en place pour protéger des bâtiments ou des espaces vastes comme des places ou des abords de parc. Ces périmètres de sécurité s’étendent donc aux endroits sensibles pour la protection des monuments historiques et à leurs accès qui se font généralement à pied. 

Le déploiement de bornes de sécurité se fait contre toute tentative d’assaut qu’il soit volontaire ou accidentel. L’intérêt de ces bornes tient dans la sécurité qu’elle procure tout en préservant l’accès piéton, la convivialité et l’esthétique des sites historiques. Ces bornes de sécurité vont être implantées en alignement sur les espaces dégagés et à distance des enceintes de monuments classés et venir également en contrôle d’accès sur les segments de voirie.

Différents types de bornes sont utilisés dans la sécurisation d’un périmètre historique :

  • des bornes fixes (potelets, cabestans, cylindriques ou carrés, en métal, en pierre…) ;
  • des bornes amovibles ou bornes rétractables manuelles ou semi-automatiques pour les accès peu fréquents à la zone (accès engins d’entretien et pompiers) ;
  • des bornes escamotables automatiques pour la régulation des accès réservés suivant les autorisations de certains véhicules (résidents, commerçant…).

La borne périmétrique est le mobilier urbain le plus utilisé pour sécuriser les zones historiques grâce à sa polyvalence esthétique. En effet, des matériaux nobles comme la fonte marine autorisent une intégration dans toutes les configurations esthétiques. Les différents niveaux de résistance d’une borne périmétrique (de la borne de sécurité à la borne anti bélier) permettent de sécuriser les endroits les plus exposés comme les endroits à plus faibles risques.

Borne et contrôle d’accè
Borne et contrôle d’accès — centre historique Chambéry - source Citinnov

Piétonnisation, éducation et durabilité du patrimoine

La piétonnisation des centres-villes historiques est une pratique qui tend à se développer et à se pérenniser dans de nombreuses villes de France. La piétonnisation réduit la pollution atmosphérique (et sonore), c’est la première vertu qu’on lui accorde et donc de ce fait, elle contribue aussi à la protection des monuments historiques des centres.

La deuxième vertu de la piétonnisation est l’éducation. En effet, il est plus facile de sensibiliser un public jeune à la beauté d’une architecture à pied plutôt qu’en voiture. Le monument historique devient alors un espace convivial à vivre et non pas un objet distant de musée qu’on observe à travers une vitre. La proximité que donne la piétonnisation avec le patrimoine participe donc à une éducation civique pour la préservation des monuments.

De plus, comme le montrent différentes études, les œuvres d’art et donc, le patrimoine sont une partie essentielle du confort et du plaisir des usagers des centres-villes piétonniers. Ce qui a un impact positif sur le commerce.

Les partenariats du patrimoine

Un patrimoine appelle des événements festifs et en exposant la ville de façon positive ouvre la voie à des partenariats. Les partenariats les plus fréquents se font avec les commerçants et les associations pour stimuler la vie de la ville. Mais le patrimoine historique ouvre aussi des perspectives plus larges avec des partenariats public-privé et des coopérations internationales de sauvegarde.

En conclusion, la mise en valeur et la préservation des monuments historiques d’un centre-ville passent par sa sécurisation physique, sa surveillance et l’usage public qu’en fait la collectivité. C’est donc à une volonté commune qu’appartient la protection de notre patrimoine.

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Image à la Une : Noyers-sur-Serein — source pxhere

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