Smart City, la Ville Intelligente

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minutes,
2/2/2024
Smart city

Tout le monde en parle, mais savez-vous vraiment ce que c’est ?

La smart city est un concept en mouvement. Comme toute innovation émergente, la smart city est soumise à différentes influences. Voilà quelques définitions et notions qui vous serviront de repères.

Smart city, de l’origine du concept à aujourd’hui 

Le concept de ville intelligente a revêtu un certain nombre d’appellations depuis son origine. On a parlé de « digital city », de « smart Community », « knowledge city » ou encore « intelligent city ». Ce que nous dit cette suite de qualificatifs, c’est d’abord que la ville numérique ou ville intelligente est née de la technologie.

Si cette notion tend à se fondre aujourd’hui dans une image de durabilité et d’écologie, la smart city est indissociable de la technologie de pointe et de l’informatique. L’importance de le rappeler peut paraître superflue, mais il faut garder à l’esprit que les technologies de l’information, la gestion des données et l’intelligence artificielle évoluent très vite. Leur évolution imprime leur marque sur nos vies que ce soit à l’échelle de notre travail ou de notre vie quotidienne publique et privée.

L’origine du terme smart city 

Pour preuve, le terme de smart city apparaît pour la première fois en 1990 pour parler du rôle des technologies de l’information et de la communication (TIC) dans les infrastructures urbaines des villes du futur. La société IBM enfonce le clou en 2009 après avoir identifié un marché potentiellement juteux dans la transformation des villes. En 30 ans, le développement d’internet a bouleversé toutes les habitudes de consommation du monde occidental et a métamorphosé la vie en ville.

Mais une autre évolution est née entre-temps de la prise de conscience du réchauffement climatique et de l’impact polluant des activités humaines notamment celle des villes. La notion de ville numérique technocentrée a évolué vers le développement durable. Outil numérique de gestion et de contrôle, la technologie se doit aujourd’hui d’appartenir à la durabilité.  

Smart city, définition 

La smart city est un concept de développement urbain qui amène à repenser la ville.

Le but de la smart city est d’optimiser la ville pour améliorer la qualité de vie du citoyen usager et le vivre-ensemble de la communauté à travers des outils informatiques de gestion des infrastructures publiques, des réseaux et des transports.

Les infrastructures publiques gérées par la domotique :

  • bâtiments publics (mairie, écoles, lycées) ;
  • équipements publics (stade, gymnases, piscines) ;
  • mobilier urbain (bornes d’accès et de régulation) ;
  • parkings…


Les réseaux (gestion de l’énergie) :

  • eau, électricité, gaz, télécoms, internet (fibre et bornes Wifi).


Les transports :

  • transports en commun ;
  • gestion des flux routiers et du stationnement à travers la smart mobility (applications de mobilité intelligente basées sur le GPS) ;
  • le covoiturage ;
  • les mobilités douces (la piétonnisation, les parcs de vélos en partage, les pistes cyclables.

Sans oublier la dématérialisation des services administratifs [e-services et e-administration].

Smart city et objets connectés

Pour atteindre son but, la smart city travaille dans un écosystème technologique d’objets connectés [Internet des Objets, IdO ou IoT pour Internet of things] qui se doit d’être engagé dans une transition à la fois technologique et durable. Ce qui est un enjeu de taille pour les collectivités modestes qui peinent à prendre le virage numérique.

Comme on le comprend, pour la smart city, le respect de l’environnement et le confort des citoyens se conçoit par un développement économique susceptible d’investir sur les infrastructures technologiques et la transformation numérique.

Smart City, services des collectivités
Smart City, services des collectivités

Smart city, des objectifs ambitieux à concilier

Acteurs et parties prenantes de la smart city

Les parties prenantes sont à la fois publiques et privées :

  • les citoyens usagers de la ville ;
  • les élus municipaux ;
  • les élus de la communauté de communes [ce qui est pratiquement toujours le cas des grandes métropoles] ;
  • les services administratifs et techniques municipaux et territoriaux ;
  • les associations ;
  • les établissements scolaires de l’école maternelle aux universités [implantées sur le territoire] ;
  • les entreprises installées sur le territoire ;
  • les entreprises nationales et internationales fournissant les outils informatiques, les solutions innovantes, l’équipement et la maintenance de la smart city ;
  • les autorités de contrôles et de régulation [comme la CNIL] ;

Les enjeux de la ville intelligente reposent sur 3 notions indissociables

  • L’amélioration de la qualité de vie des citoyens. Un être humain a besoin d’air pour respirer, d’un logement pour dormir, d’eau potable pour boire et de nourriture pour se sustenter. Comme on le sait, ces besoins essentiels à sa survie sont souvent mis à mal par l’univers urbain qui produit pollution de l’air, de l’eau, des nuisances sonores et lumineuses importantes. L’amélioration de la qualité de vie que doit apporter la ville intelligente concerne l’ensemble de ces impératifs dans la notion de durabilité. De plus, le confort du citoyen des villes passe par son accès aux réseaux de communications, à travers ses objets connectés et également par sa sécurité. 
  • La durabilité du développement des villes intelligentes est exigée par le respect de l’environnement et les énergies renouvelables. C’est à la fois un enjeu politique à court terme — l’opinion publique le demande —, mais également un enjeu économique à moyen et long terme pour des raisons de coûts qu’impose la résolution des pollutions et leur diminution.
  • Ici encore, la notion de croissance économique s’annonce cruciale pour les collectivités locales qui ont la double obligation de développement et de durabilité. [Un paradoxe pour les collectivités modestes auxquelles on demande une sobriété numérique alors qu’elles peinent à compléter leur transition numérique.] 

Smart city, ses outils technologiques, numériques, ses objets connectés [IdO]

IdO et Smart City
IdO et Smart City

Une ville intelligente emploie des technologies de pointe afin de développer des solutions participatives et innovantes avec toutes les parties prenantes.

La synergie entre les acteurs est le cœur du système des villes intelligentes [comme les superviseurs et hyperviseurs urbains], toutes les réponses technologiques et numériques intègrent cette notion dans les solutions qu’elles apportent.

Technologies innovantes Solutions intelligentes

Les techniques de pointe de tous les domaines sont aujourd’hui convoquées sur le domaine du développement durable. Il est donc logique qu’elles soient présentes dans la création des villes de demain.

La smart city qui entend rendre les villes à la fois plus praticables et plus écologiques, plus agréables et plus performantes assemble un volume conséquent de nouvelles technologies :

  • types de carburant moins polluant ;
  • constructions durables à faible impact carbone, bâtiments connectés ;
  • transition énergétique ;
  • réseaux intelligents [pour la circulation, le stationnement, la distribution de l’alimentation, de l’eau et des énergies]
  • incitations à la smart mobilité et à la mobilité douce à travers des applications portées par l’internet des objets.

Internet des objets (IdO) ou internet of things (IoT)

Pour devenir intelligente, la ville a besoin de données. Plus les systèmes numériques de la ville engrangent de données, plus elle est susceptible de rendre de services et d’innover.

La production des données d’une ville repose sur du matériel physique : les capteurs. Un capteur peut être une cellule qui compte le passage de voitures, un thermomètre dans un immeuble ou dans un cours d’eau, un QR code que le camion de collecte et gestion des déchets enregistre sur un container, un téléphone portable, une voiture intelligente qui se gare à une borne de recharge électrique… etc. Tout objet connecté peut devenir un capteur à partir du moment où il communique avec une base de données par un réseau de communication. Les smart-grids sont les pionniers de ces systèmes ; les capteurs équipant les réseaux électriques détectent, alertent et réduisent la consommation d’énergie.

La base de données enregistre les informations qui lui parviennent, les organise en bibliothèque et suivant les tâches qu’on lui asservit, calcule, analyse et produit rapports et statistiques afin d’optimiser l’administration de la ville.

Open data et smart city 

La gestion des données d’une ville est ouverte, c’est pour cela qu’on parle d’Open data. Il ne peut effectivement pas en être autrement puisque les données urbaines collectées proviennent de l’ensemble du territoire principalement public de la ville. La collecte est donc ouverte. L’open data est sous-tendu d’une valeur juridique puisque l’accès à l’ensemble des données est libre de droits, donc utilisable et exploitable.

En ce sens, la gestion des données ouvertes de la ville intelligente change le statut du citoyen usager. En effet, il fournit au quotidien des données qui vont être utilisées pour l’amélioration de son cadre de vie. Il n’est plus consommateur de données, mais également lui-même fournisseur d’informations. C’est pour cela que les systèmes de gestion de la ville orientent de plus en plus leur développement vers des aspects collaboratifs. La participation citoyenne est l’enjeu politique majeur des acteurs publics pour repenser la ville. L’interopérabilité de l’open data urbain va donc de l’individuel au collectif et s’organise entre secteurs publics [les services communaux] et le secteur privé [fournisseur et opérateur de solutions techniques]. Des solutions au premier rang desquelles on trouve le très haut débit et la cybersécurité.

Le numérique au centre de la cité

L’entreprise de la ville connectée repose entièrement sur le numérique. Aucun des développements actuels de la smart city n’est envisageable sans le numérique en raison de la quantité phénoménale de données enregistrées quotidiennement.

Les technologies de l’information, de la communication, les bibliothèques de données et leur organisation, les systèmes de gestion et d’administration de la voirie, des réseaux de distribution, de collecte… etc. Pour fonctionner en synergie et donc être utiles, ces flux de données et leur stockage sont gérés par un hyperviseur urbain, véritable jumeau numérique de la ville. Cette centralisation ultime de l’ensemble des données permet de mutualiser les coûts et les décisions pour optimiser la structure organisationnelle de la collectivité. Le rôle de l’hyperviseur urbain est de contrôler l’ensemble des systèmes de la ville. À ce titre, il collecte, analyse et traite les informations de l’ensemble de la ville afin de proposer des solutions concrètes anticipant aussi les besoins et les usages de demain.

Smart City et Open Data

Comme on le voit, la smart city tend à une évolution naturelle de la ville parallèlement au développement des nouvelles technologies, de la puissance informatique et d’accès internet toujours plus rapides.

La ville intelligente est aussi le terrain d’enjeux politiques et économiques importants : le développement doit se faire en respect de l’environnement [ville durable et ville du futur sont liées], les municipalités doivent conserver leur souveraineté sur leur territoire tout en faisant entrer des opérateurs privés plus puissants qu’eux. Le problème de l’utilisation des données personnelles est crucial.

Jusqu’à quel point peut-on exploiter des données individuelles pour améliorer le confort de vie de l’ensemble de la communauté ? Est la question éthique que pose l’édification de la smart city.

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